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| IEHP Report: Brain gain, drain and waste - Executive Summary - French |
Recrutement, Exode et Gaspillage de spécialistes: Les Expériences des Professionnels de la Santé Formés à l'étranger au CanadaAuteurs: Ivy Lynn Bourgeault, Elena Neiterman, Jane LeBrun, Ken Viers & Judi Winkup Depuis toujours, le Canada fait appel à des professionnels de la santé formés à l'étranger (PSFE) pour pallier les pénuries dans les milieux difficiles à atteindre et pour combler les postes difficiles à combler au sein du système de santé. Cette tradition se poursuit, et le pays recrute maintenant des sagesfemmes, alors qu'avant il ne recrutait que les travailleurs dans les domaines de la médecine et de la profession infirmière. En même temps, nous entendons de nombreux commentaires au sujet du fait que des PSFE ne peuvent pas exercer leur profession au Canada. Les obstacles à l'exercice des PSFE, que certains appellent un problème de « gaspillage de cerveaux », est devenu récemment une source d'inquiétude importante chez les Canadiens. Les difficultés associées à cet enjeu ne touchent pas uniquement le Canada – en faisant référence à la perte de travail et aux solutions possibles aux crises en ressources humaines - les pays d'où émigrent les professionnels de la santé connaissent d'importantes répercussions. Cette étude a été développée pour combler certaines lacunes de nos connaissances en examinant :
Dès le début, nous avons décidé de rassembler les perspectives des PSFE. L'objectif était de compléter les diverses recommandations sur les politiques qui ont été établies lors de consultations auprès de différents intervenants. Et ce, parce que les problèmes qui ont capté l'attention des différents intervenants canadiens ne reflètent pas nécessairement les expériences réelles des PSFE. L'analyse s'est déroulée selon une approche comparative entre les professions afin de découvrir le processus et les résultats de divers modèles d'intégration au sein des professions. Nous avons mené des entrevues auprès de 67 médecins possédant une licence étrangère (MPLE), de 70 infirmières et infirmiers formés à l'étranger (IFE) et de 39 sages-femmes formées à l'étranger (SFFE). Ces participants ont été recrutés dans les deux langues selon différents processus, et dans quatre provinces : la Colombie-Britannique, le Manitoba, l'Ontario et le Québec. En nous inspirant de leurs conversations, nous avons dressé un portrait de leurs expériences, à partir du moment où ils ont décidé de venir au Canada jusqu'à la fin du processus qu'ils ont entrepris pour venir ici. Nous avons également examiné les obstacles et les facilitateurs de leur intégration sur le marché du travail et leur intégration professionnelle. De plus, nous avons fait part de certaines de leurs recommandations en matière de politiques pour améliorer la situation de ceux qui suivent leur voie. La décision de partir vivre au CanadaLa majorité de nos répondants MPLE sont venus de l'Europe de l'Est, suivi du Moyen-Orient et de l'Amérique du Sud, de l'Asie de l'Est et de l'Europe de l'Ouest, à nombre égal. Les trois pays de naissance les plus courants des IFE sont l'Europe de l'Ouest, l'Europe de l'Est et le Royaume-Uni. La plupart des SFFE que nous avons interrogées étaient nées au Canada — ce qui souligne le manque de possibilités de formation au Canada — suivi de l'Afrique de l'Ouest, de l'Europe de l'Ouest et suivi de près par le Royaume-Uni. Il est difficile de démêler les facteurs « répulsifs » et « attractifs » qui ont motivé les PSFE à émigrer de leur pays d'origine pour venir au Canada. La plupart, toutefois, ont choisi de s'établir au Canada en raison de 1) son processus d'immigration relativement facile; 2) sa réputation de pays stable sur les plans politique et économique; 3) ses politiques internationales justes; 4) sa promotion du multiculturalisme 5) l'impression qu'il donne que la demande de fournisseurs de soins de santé est forte. L'immigration au CanadaLa première étape pour la plupart des fournisseurs de soins de santé est le système national d'immigration, qui constitue pour certains la seconde étape après le recrutement. Bien que nos répondants aient connu des expériences de préparation très différentes, il est possible de classer cellesci selon quatre catégories différentes : 1) l'immigration indépendante, par l'un des deux points d'entrée possibles en immigration (l'immigration économique ou le regroupement familial); 2) l'immigration au Canada par l'entremise d'agences (principalement pour la catégorie « immigration économique »); 3) l'immigration au Canada par l'entremise d'agences qui fournissent une aide exclusivement en matière d'immigration, sans aider les immigrants à se trouver un travail (service qui pourrait être destiné à l'immigration économique ou au regroupement familial); et 4) les PSFE qui sont arrivés au Canada sous le statut de réfugié. La plus grande proportion des répondants ont émigré comme travailleurs qualifiés. Cette proportion est toutefois beaucoup plus grande chez les IFE et les MPLE que chez les SFFE. On a recensé un nombre presque égal de SFFE qui sont arrivés avec le titre de regroupement familial que de SFFE qui sont arrivées comme travailleuses qualifiées. Les réfugiés sont ceux qui ont exprimé avoir eu le plus de difficulté à s'intégrer à leur profession, suivis des immigrants indépendants; ceux qui ont été recrutés avaient d'excellentes chances de trouver du travail dans le domaine des soins de santé. Les obstacles à l'intégration professionnelle et à l'intégration sur le marché du travail les PSFEqui poursuivent l'objectif de s'intégrer au marché du travail canadien font face à plusieurs obstacles. Certains de ces obstacles sont associés à leur profession individuelle, certains sont communs à toutes les professions de la santé, et certains sont communs à la migration de professionnels hautement qualifiés en général. Tous les PSFE que nous avons interrogés ont rencontré les mêmes obstacles, par rapport à : leurs habiletés langagières en anglais ou en français, surtout ceux qui exercent une profession spécifique; des difficultés financières relatives aux exigences pour l'obtention d'un permis d'exercice, accompagnées du long processus en apparence bureaucratique; et le défi posé par le manque d'occasions pour acquérir une compétence culturelle canadienne. Nos participants MPLE ont décrit deux obstacles spécifiques à leur processus d'intégration professionnelle. Le premier obstacle est les trois examens standardisés du MCC, et l'autre obstacle, plus exigeant, est la difficulté d'accès aux programmes de résidence. De plus, beaucoup de participants se sont sentis incapables de trouver un poste temporaire lors de leur transition vers l'exercice de la médecine. Beaucoup de répondants se sont plaints du manque de postes disponibles, qui leur auraient permis de mettre en application leurs habiletés en soins de santé dans un domaine pertinent. Comme les MPLE avaient des chances très minces de trouver un travail en médecine, beaucoup d'entre eux ont affirmé qu'ils n'auraient pas eu l'impression de gaspiller leur temps à se consacrer à la préparation aux examens s'ils avaient pu dénicher un travail dans le domaine des soins de santé. En plus des obstacles énormes pour les IFE que représentaient la langue, la compétence culturelle et l'examen de l'EAIC, un obstacle supplémentaire réservé à cette profession était le niveau d'éducation – grade ou diplôme. Souvent, les IFE doivent choisir leur propre processus de demande d'agrément (inf. aux. Aut. ou IA), sans connaître les différences entre les niveaux de la profession infirmière que nous avons au Canada. Les répondants IFE ont mentionné un autre obstacle à une intégration satisfaisante : l'absence de pleine reconnaissance de leur éducation et de leur expérience de travail. Quant aux SFFE, elles ont identifié deux obstacles spécifiques à leur intégration au Canada : 1) le caractère nouveau de la profession, qui fait en sorte qu'on trouve peu de précepteurs et, jusqu'à tout récemment, un manque d'accès aux programmes d'intégration; et 2) les difficultés posées par le modèle de la profession de sage-femme et de son exigence d'offrir des services par des sages-femmes à domicile. Il existe un certain nombre de conséquences qui découlent directement des obstacles liés à l'intégration professionnelle mentionnés plus haut des PSFE interrogés. Pour beaucoup d'entre eux, les obstacles représentent un ralentissement de la mobilité professionnelle . Bien que cette situation soit en partie un choix stratégique personnel des PSFE, elle est imposée dans la plupart des cas. Aussi, les MPLE sont souvent considérés surqualifiés pour des postes en soins de santé, une autre dimension qui rend leur situation particulièrement difficile. Les facilitateurs de l'intégration professionnelle et de l'intégration sur le marché du travailLes nombreux efforts d'intégration préalables à l'immigration étaient les facilitateurs clés de l'intégration les plus mentionnés par les PSFE. Plusieurs PSFE ont trouvé que les séances d'informations spécifiques offertes à l'extérieur et au cours du processus d'immigration et d'intégration avaient favorisé leur réussite. Le premier facilitateur identifié était les nombreux programmes d'intégration qui avaient été établis. En effet, ces programmes les ont aidés à régler les problèmes sous-jacents liés à la compétence culturelle, en plus de leur avoir permis de mettre à niveau leurs habiletés. Les PSFE ont néanmoins eu certaines inquiétudes au sujet de l'accès aux programmes d'intégration, en particulier la disponibilité des places, l'accès géographique et les contraintes financières; au sujet de la coordination de ces programmes, dont la conception du programme et la personne responsable, et, dans certains cas, par rapport au contenu, qui devrait répondre plus adéquatement aux besoins des PSFE. Finalement, ils ont décrit en quoi les chemins alternatifs offerts aux professionnels de la santé pour exercer leurs habiletés pouvaient représenter à la fois un facilitateur d'intégration et une fin en soi, amenant des gens à décider de se réorienter. Politiques recommandéesNos participants ont proposé les recommandations générales suivantes afin que des changements soient effectués aux politiques ou aux programmes : * Améliorer l'accès à la formation langagière spécifique au secteur et à la profession de la santé; * Remédier aux difficultés financières en offrant un programme d'emprunt et des services de counselling aux PSFE dans le cadre de leur processus d'intégration professionnelle pour améliorer leurs chances de trouver un travail sur mesure lors du processus d'intégration professionnelle; * Offrir des renseignements en provenance de sources multiples et à différentes étapes du processus d'intégration – en utilisant un discours adapté à la réalité du processus et des résultats attendus; * Augmenter les occasions d'acquérir une compétence culturelle, formelle et informelle. Les MPLE ont proposé d'offrir une meilleure chance aux gens qui réussissent les examens du MICC d'obtenir un poste de résidence, ce qui augmenterait les chances de réussite des diplômés en médecine canadiens. Les IFE ont proposé que l'approche privilégie les compétences plutôt qu'un examen qui met « tout le monde dans le même panier » et que l'on considère les titres de compétences. Quant aux SFFE, elles ont proposé d'élargir les modalités de l'exercice de la profession de sage-femme, mais entretemps, de faire une observation en milieu de travail, qui leur permettrait d'avoir un aperçu du modèle des soins primaires canadien. Comparaisons et conclusionsUne grande partie de nos résultats et de nos recommandations sont conformes aux recherches antérieures et aux publications des politiques. Cela indique que certains enjeux clés sont stables et que nos participants n'ont pas de conditions particulières qui pourraient restreindre l'application de nos résultats. Toutefois, notre approche comparative nous permet d'apporter des contributions importantes et uniques à cette documentation sur les politiques. En respect des différences interprovinciales, les PSFE qui ont immigré dans chacune des provinces ont tous connu des expériences différentes, même si toutes les provinces que nous avons étudiées possèdent des exigences similaires par rapport à l'obtention d'un permis d'exercice. Les différences provinciales sur les occasions complémentaires, l'ouverture des autorités de la santé à intégrer les PSFE et l'accès aux réseaux sociaux parallèles ont montré que les provinces n'ont pas toutes le même degré d'ouverture envers l'accueil et l'intégration des PSFE sur le marché du travail local. Les PSFE ont réalisé et dénoncé plusieurs de ces différences territoriales, et ils demandent que les exigences en matière d'obtention d'un permis d'exercice soient plus simples, standardisées et uniformes à l'intérieur de la nation. En respect des comparaisons entre les professions, la structure logistique autour du permis d'exercice diffère d'une profession à l'autre, quoique l'on ait dénoté beaucoup de similitudes entre les professions retrouvées. Alors que les MPLE et les SFFE ont rapporté avoir eu beaucoup de difficultés avec les exigences sur le permis d'exercice, les IFE ont aussi eu leur part de difficultés. Leur degré de complexité variait selon leur pays d'origine et leur province de destination. Les entrevues menées auprès des PSFE, à différentes étapes de leur processus d'intégration, nous ont donné l'occasion unique d'évaluer les différences entre les expériences des PSFE à ces différents stades. Messages à retenir Messages à retenir Messages à retenir Messages à retenir
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| Last Updated on Thursday, 25 August 2011 10:31 |

